
Le professeur Charles Anosike élu président du Conseil des gouverneurs de l’ACMAD
Le directeur général de l’Agence météorologique du Nigeria (NiMet), le professeur Charles Anosike, a été élu président du Conseil des gouverneurs du Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD). Son mandat de quatre ans débute à un moment crucial où l’Afrique cherche à renforcer ses institutions afin que l’information climatique bénéficie directement aux populations.
L’élection s’est tenue lors de la 24e session ordinaire du Conseil des gouverneurs de l’ACMAD à Cotonou, au Bénin, en marge du 22e Forum continental africain des perspectives climatiques (ACCOF-22).
Au-delà du renouvellement institutionnel, cette nomination met en lumière un défi majeur pour le continent : faire évoluer la météorologie d’une science essentiellement fondée sur l’observation vers un véritable outil de protection sociale.
L’ACMAD accompagne depuis longtemps les pays africains dans le suivi climatique, les prévisions saisonnières et le développement de systèmes d’alerte précoce. Cependant, avec l’augmentation des sécheresses, des inondations et des vagues de chaleur, la collecte de données ne suffit plus.
La priorité consiste à consolider et à moderniser ces institutions afin qu’elles répondent aux réalités du terrain. Les données météorologiques et climatiques doivent sortir des laboratoires et être utilisées directement au bénéfice des populations.
Qu’il s’agisse d’un agriculteur qui doit planifier ses semis, d’un éleveur à la recherche de pâturages ou de communautés menacées par la montée des eaux, l’information climatique doit devenir un outil pratique de survie et de prise de décision quotidienne.
Le professeur Anosike, qui représente également le Nigeria auprès de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), devra faire progresser cette feuille de route au cours de son mandat.
La tâche reste considérable. Dans un appel publié le 7 septembre, l’OMM a indiqué que, même si 41 pays africains disposent désormais de systèmes d’alerte précoce, des lacunes critiques subsistent. Trop souvent, l’alerte existe au niveau central mais n’atteint pas les communautés isolées.
Renforcer des institutions comme l’ACMAD signifie donc garantir que cette information vitale parcoure le « dernier kilomètre » et parvienne aux populations qui en ont le plus besoin.
Les réunions de Cotonou ont rassemblé Harsen Nyambe, directeur du département Environnement durable et Économie bleue de la Commission de l’Union africaine ; Adamou Aïssatou Sitta, vice-présidente du Conseil et directrice des services météorologiques du Niger ; le directeur général de l’ACMAD, Ousmane Ndiaye ; des chercheurs et plusieurs partenaires. Le Bénin était représenté par son ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alé.




