Rapport de synthèse 2024 de la CCNUCC sur les contributions déterminées au niveau national
Le rapport de synthèse 2024 de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques analyse les contributions déterminées au niveau national communiquées dans le cadre de l’Accord de Paris et les progrès annoncés par les Parties en matière d’atténuation, d’adaptation et de moyens de mise en œuvre.
Ambition et trajectoire des émissions
Les NDC montrent une progression de l’ambition climatique mais les efforts annoncés restent insuffisants pour garantir une trajectoire compatible avec l’objectif de 1,5 °C. Les Parties sont appelées à accélérer la mise en œuvre et à renforcer leurs prochaines contributions.
Les mesures de réduction couvrent notamment l’énergie, les transports, l’industrie, l’agriculture, les forêts, l’utilisation des terres et les déchets. L’augmentation des énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, l’électrification, la réduction du méthane et la protection des puits naturels figurent parmi les actions les plus courantes.
Adaptation
Une large majorité des Parties intègre désormais des composantes d’adaptation. Les priorités concernent l’eau, l’agriculture et la sécurité alimentaire, la santé, les écosystèmes, les zones côtières, les infrastructures et la réduction des risques de catastrophe.
Les plans mettent davantage l’accent sur les approches fondées sur les écosystèmes, les solutions fondées sur la nature, l’agriculture intelligente face au climat, la restauration des forêts et des mangroves, ainsi que la protection des communautés vulnérables.
Océans et économie bleue
Parmi les Parties ayant inclus une composante d’adaptation, environ 31 % identifient les écosystèmes océaniques comme secteur prioritaire et 13 % présentent des objectifs quantifiés pour la pêche. Plusieurs NDC mentionnent l’acidification, l’élévation du niveau de la mer, les tempêtes et la sécheresse. Parmi les Parties qui considèrent l’océan ou le carbone bleu comme secteur prioritaire d’atténuation, une majorité identifie des mesures spécifiques fondées sur l’océan.
Moyens de mise en œuvre
Environ 91 % des Parties fournissent des informations sur les moyens nécessaires à la mise en œuvre de leurs NDC, même si la profondeur et la structure varient fortement.
En matière de financement, 91 % donnent des informations, 69 % évoquent des besoins de soutien international et 46 % présentent des estimations quantitatives de leurs besoins financiers.
Environ 62 % identifient des technologies nécessaires, principalement dans l’énergie, l’agriculture, l’eau et les déchets. Les besoins technologiques sont souvent transversaux, couvrant à la fois adaptation et atténuation.
Plus de la moitié des Parties évoquent des politiques, réglementations, mesures juridiques, innovation, recherche et développement pour favoriser les technologies bas carbone et résilientes.
Environ 76 % considèrent le renforcement des capacités comme une condition préalable à la mise en œuvre des NDC, notamment pour élaborer les politiques, intégrer adaptation et atténuation dans les plans sectoriels, accéder au financement et améliorer la transparence.
Transformation des secteurs
Les actions d’adaptation et de diversification économique comportant des co-bénéfices d’atténuation incluent le boisement et reboisement, l’agriculture intelligente face au climat, la réduction du gaspillage alimentaire, l’agriculture verticale, l’adaptation des écosystèmes côtiers, la conservation des aires protégées, les solutions fondées sur la nature, l’augmentation de la part des renouvelables, l’efficacité énergétique, le captage et stockage du CO₂, le changement de combustibles, les réformes du transport et l’économie circulaire.
Mandat au titre de l’Accord de Paris
Chaque Partie doit préparer, communiquer et maintenir des NDC successives représentant une progression et son niveau d’ambition le plus élevé possible. Une Partie peut à tout moment ajuster sa contribution afin de renforcer son ambition. Les NDC sont enregistrées dans le registre tenu par le secrétariat.
Les décisions de la COP prévoient une actualisation ou une nouvelle communication des NDC tous les cinq ans. La CMA a demandé au secrétariat d’actualiser chaque année le rapport de synthèse afin d’éclairer les négociations et le suivi collectif.
Conclusion
Le rapport montre que les pays disposent désormais de cadres plus complets et de plans plus détaillés, mais qu’une accélération substantielle est nécessaire. La prochaine génération de NDC devra traduire les résultats du bilan mondial en objectifs plus ambitieux, accompagnés de financements, technologies et capacités permettant une mise en œuvre effective.



