L’UAR a exprimé cette position lors de la 4e réunion préparatoire de l’Union africaine des télécommunications à Yaoundé, en amont de la Conférence mondiale des radiocommunications prévue en novembre 2023 à Dubaï.

« Les opérateurs mobiles sont obsédés par les bandes de fréquences. Ils ont déjà absorbé tout ce qui leur était réservé et veulent désormais coloniser la bande TNT en venant nous dépouiller d’une partie de cette ressource », a déclaré le Directeur général de l’UAR, Grégoire Ndjaka.
Pendant près d’une semaine, radiodiffuseurs, autorités publiques africaines, société civile, fournisseurs de services de radiocommunication, régulateurs et experts ont débattu de l’avenir des radiocommunications dans un contexte marqué par la progression rapide des TIC.
La réunion était organisée par l’Union africaine des télécommunications en prélude à la Conférence mondiale des radiocommunications 2023.
Cette quatrième réunion préparatoire intervient alors que les radiodiffuseurs sont confrontés à de fortes contraintes de disponibilité du spectre.
« Je suis ici pour exprimer la grande inquiétude du secteur audiovisuel africain face à un bouleversement probable qui pourrait remettre en cause les fondements de notre écosystème », a déclaré le Directeur général de l’UAR.

Il estime qu’il y a lieu de s’inquiéter de l’avenir du secteur audiovisuel si les décisions prises à Dubaï n’intègrent pas les préoccupations des radiodiffuseurs africains.
Lors de la réunion de l’UAR en janvier 2023 à Dakar, les pays membres ont constaté que le seul spectre restant pour le déploiement de la TNT en Afrique se situe dans la bande UHF 470-477 MHz, après deux dividendes numériques ayant amputé les bandes 800 MHz et 700 MHz au profit de la téléphonie mobile.
Convergence Partners avait déjà estimé que les gouvernements africains perdaient 30 milliards de dollars par an faute de libérer le spectre nécessaire au déploiement de la TNT, les zones rurales étant les plus touchées.

Le Directeur général de l’UAR a rappelé qu’il faut examiner l’utilisation du spectre et les besoins des services existants dans la bande 470-960 MHz en Région 1 et envisager les mesures réglementaires appropriées conformément à la Résolution 235.
Le Secrétaire général de l’UAT, John Omo, a souligné que plusieurs régions du continent restent encore mal connectées aux TIC et que les radiocommunications en constituent le nerf central.
Le ministre camerounais de la Communication, René Emmanuel Sadi, a invité les parties prenantes et experts à parler d’une seule voix pour défendre la position africaine à Dubaï.



