Discours de Grégoire Ndjaka, Directeur général de l’UAR, sur « Les défis des médias de service public en Europe et en Afrique »
Prononcé au Cadenabbia Leadership Forum en Italie.
Grégoire Ndjaka a rappelé que les médias de service public, en Afrique comme en Europe, sont des sentinelles de la démocratie : ils éclairent les consciences, renforcent la cohésion et doivent garantir à chacun une information libre et fiable.
En Afrique, les journalistes de service public travaillent souvent dans des conditions difficiles, avec des moyens techniques limités, mais font preuve d’une grande créativité. Il a cité la CRTV au Cameroun, la RTI en Côte d’Ivoire, la SABC en Afrique du Sud et la KBC au Kenya comme exemples d’innovation et de proximité avec les publics.
Les défis sont d’abord économiques : financements instables, redevances insuffisantes, baisse des recettes publicitaires et contraintes budgétaires publiques.
Le deuxième défi est l’indépendance éditoriale : servir la nation sans devenir l’écho du pouvoir, et préserver la confiance du public.
Le Directeur général a également évoqué les défis technologiques et la couverture inégale des réseaux, soulignant le rôle toujours essentiel de la radio communautaire.
Un autre enjeu majeur concerne la souveraineté des récits. Face aux plateformes mondiales, les médias africains doivent raconter eux-mêmes les histoires du continent, avec leurs propres voix, émotions et références.
L’UAR, qui réunit plus de 85 membres, soutient cette ambition à travers la plateforme AUBVision, la formation, le renforcement des capacités et les partenariats internationaux.
Selon Grégoire Ndjaka, l’Afrique et l’Europe font face à des défis similaires : désinformation, perte de confiance, crise des modèles économiques et transition numérique accélérée. Les deux continents peuvent apprendre l’un de l’autre.
Il a conclu en appelant à un nouvel humanisme médiatique, dans lequel le service public redevient un service du peuple, par le peuple et pour le peuple.



